Appel à contribution : Thinking Outside of the box !

Comment la pensée systémique soutient-elle la création,
l’invention et les processus de transformation ?

Appel à contribution pour la revue Acta Europeana Systemica (AES), volume 7

1/ La thématique

À une époque où les technologies de l’information et de la communication ne sont plus considérées comme véritablement nouvelles[1], notre réel est constamment augmenté de toutes sortes d’informations (de l’écran au multimédia immersif), ce qui modifie notre conception du monde, ainsi que la manière dont nous élaborons nos connaissances.

De plus, les avancées des sciences de l’intelligence artificielle permettent le remplacement de la main d’œuvre humaine par une armée de robots sophistiqués et l’invention de stratégies qui dépassent la simple optimisation de processus. Les avantages sont évidents : les algorithmes prennent des décisions optimales indépendantes de tout facteur humain, les ordinateurs prennent moins de place dans un bureau que les employés, les programmes opèrent des tâches complexes telles que traduire des textes ou jouer aux échecs, les voitures sont rendues autonomes par des réseaux de capteurs et des systèmes de sécurité, des technologies robotiques et des machines apprenantes automatisent de nombreuses tâches logistiques…

Les technologies de traitement et de diffusion de l’information virtualisent toujours plus notre société et la robotisation progressive de notre environnement nous rend dépendant de multiples prothèses numériques. Ces phénomènes provoquent des changements sociétaux, à la fois rapides, globalisés et amplifiés. Mais si les machines peuvent conduire nos voitures, servir nos clients, analyser nos données et prendre des décisions à notre place, quelle est encore la place de l’humain ?

De nombreuses études scientifiques annoncent la disparition de nombreux métiers à brève échéance au profit de métiers qui allient créativité, inventivité et processus de transformation. Cette situation devrait amener à la création d’une économie de la créativité et a des impacts sociaux évidents sur le marché de l’emploi. L’employé du futur devrait combiner « créativité », « intelligence sociale » et « manipulation » (Bakhshl, Benedikt Frey, Osborne, 2015)[2].

Derrière ces études se cache une question récurrente : comment distinguer encore la capacité créative d’un être humain par rapport à celle d’une intelligence artificielle complexe qui s’améliore constamment ?

En effet, l’intelligence dite artificielle désignait – à l’origine – la capacité procédurale d’algorithmes à résoudre des problèmes compliqués, alors qu’aujourd’hui, le concept d’intelligence est plutôt associé à la capacité à gérer des problèmes complexes (sécurité, urgences, management, marketing, enseignement…). Cette intelligence est alors la capacité d’inventer des expériences, des méthodes, des stratégies…

En situation complexe, le défi de l’agent confronté à une saturation informationnelle immersive est d’acquérir une capacité de description et de modélisation pertinente des phénomènes considérés sans céder à la tentation de la simplification mutilante. Libéré des tâches répétitives assumées par les algorithmes, l’homme du futur se réalisera par ses capacités de création, d’invention et de transformation des processus tenant compte de l’incertitude inhérente à notre condition humaine[3].

Au-delà de l’appréhension analytique de simples causes, la pensée systémique est performante pour modéliser des systèmes, identifier des facteurs complexes, décrire des éléments et leurs relations. Elle fournit à l’agent des éléments de compréhension du réel qui lui permettent d’élaborer une visée stratégique contextualisée menant à des actions qui auront des effets structurels durables. Ces actions sont les sources potentielles de l’émergence de systèmes nouveaux, mieux adaptés aux préoccupations contemporaines de l’humanité.

Comment les concepts, les méthodes et les outils systémiques soutiennent-ils l’agent à mener des actions innovantes en situation complexe ?

 

2/ Les sujets

Les sujets principaux porteront sur :

(1) modélisations systémiques du cycle créatif ;
(2) identification des types et des facteurs de création ;
(3) rapport intelligence humaine et artificielle ;
(4) métiers créatifs ;
(5) transgressions, manipulations créatives ;
(6) créativité émergente inter/multi/trans-disciplinaire ;
(7) contexte historique de l’émergence du concept de créativité ;
(8) crise sociale issue de la robotisation de l’environnement ;
(9) inégalité dues à la virtualisation de la connaissance ;
(10) stratégie d’utilisation des big data ;

3/ Dates importantes

1/ appel à contribuer / 31/03/2017
2/ soumissions des résumés (max. 300 mots : aes@ues-eus.org) :31/05/2017
3/ avis d’acceptation : 15/06/2017
4/ soumissions finale des contributions (max. 6 000 mots : aes@ues-eus.org) : 15/10/2017
5/ publication du AES n°7 : 31/10/2017

Les auteurs utilisent le gabarit suivant : gabarit

 

[1] Les NTIC ne sont plus considérées comme nouvelles et elles sont appelées aujourd’hui les TIC, traduction de l’expression anglaise Information and Communication Technologies (ICT) pour désigner le domaine de la télématique.

[2] BAKHSHL, Hasan, BENEDIKT FREY, Carl, OSBORNE, Michael A. (2015). « Creativity versus robots: The creative economy and the future of employment ». Rapport Nesta, avril. BENEDIKT FREY, Carl, OSBORNE, Michael A. (2017). « The future of employment: How susceptible are jobs to computerisation? ». Technological Forecasting and Social Change, vol.114, janvier, pp.254-280.

[3] AFSCET (2016). Res-Systemica, Penser sans modèle ? Émergence, créativité et sérendipité, vol.15, octobre 2016.

 

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